FÉMINICIDE DE MÉRIGNAC : UN RAPPORT QUI POINTE LES FAILLES


10 juin 2021

Alors que plusieurs actes féminicides se sont accumulés ces dernières semaines, voilà un rapport qui était très attendu. Souvenez-vous, le gouvernement avait promis de rendre public le rapport d'inspection qu'il avait demandé sur le féminicide de Mérignac... et bien c'est donc désormais chose faite ! Hier soir, Matignon a dévoilé les conclusions de cette enquête menée par les ministère de la Justice, de l'Intérieur et de la Citoyenneté. Il en ressort d'abord une série de failles dans le suivi de Mounir B., le mari et meurtrier présumé de Chahinez, à Mérignac, le 4 mai dernier.  


Des failles dans la coordination 

Des failles, qui apparaissent principalement dans le manque de coordination entre les services de police et les services judiciaires. Ainsi, le 17 mars dernier, quand Chahinez se présente au commissariat après avoir été copieusement frappée par son mari, sa plainte est mal transmise au parquet. Le mail des fonctionnaires de police est incomplet, parfois inexact et en partie illisible. Le magistrat réclame une nouvelle version qu’il n’obtiendra jamais.

Des erreurs d'enquêtes également...

Le rapport d’inspection pointe également des erreurs d’enquête. Le rapport explique par exemple qu'il y a plus de deux mois, le 29 mars, quand le suspect se présente au commissariat, très énervé parce qu’il veut récupérer ses enfants, un fonctionnaire de police s’empresse de l’expulser pour rétablir le calme, mais il ne vérifie pas l’identité de cet homme, qui d'une part était recherché et d'une autre part : c'est ce même policier qui avait recueilli la plainte de Chahinez deux semaines plus tôt. 

Un "besoin de renforcement et de montée en puissance"

Alors face à ce rapport accablant, le Premier Ministre demande six nouvelles mesures pour faire face à ces féminicides. Des mesures dans un "besoin de renforcement et de montée en puissance des dispositifs de protection des victimes et de suivi des auteurs de violences conjugales", selon les rapports mit sur la table. 

Six nouvelles mesures pour renforcer la protection

Ainsi, six nouvelles mesures ont donc été soulignées.

Les voici :

3.000 téléphones "grave danger" seront mis à disposition des juridictions d’ici début 2022. Cette nouvelle représente une augmentation de 125% par rapport à l'heure actuelle.

Un plan de renforcement du recours aux bracelets anti-rapprochement sera aussi déployé.

Un fichier des auteurs de violences conjugales sera mis en place. Ce dernier sera partagé et actualisé en fonction des actions menées par la police, comme les interventions à domicile ou les recueils de plaintesle gouvernement plaide également pour un renforcement des instances locales de pilotage et de coordination. 

Dans les tribunaux judiciaires, une instance de suivi judiciaire des situations individuelles sera mise en place. Elle réunira magistrats, forces de sécurité intérieure et service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Enfin, une instance nationale permettant d’associer régulièrement les associations sur les violences faites aux femmes et aux filles va être créée. Elle aura pour objectif d'être un point de contact pour les associations et de mettre à disposition des professionnels des outils de formation.

Rappelons que si vous êtes victimes de violences conjugales, composez 3919. Et en cas d'urgence, composez le 17. 

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